Les années et les souvenirs s’accumulent au fil des inspirations - et expirations. Cet annuel calendrier de l’Avent, c’est un beau prétexte pour un mini projet documentaire du quotidien.
Avec une seule page à compléter, le risque de dérapage est faible et le taux de réussite, élevé. Quand on est artiste, il faut composer avec d’innombrables idées à moitié abouties, d’élans coupés en plein vol par les besoins du quotidien, de projets en suspens. Ce Calendrier est donc un bonbon à savourer, pour souligner la fin de cette année où je n’aurai jamais été aussi occupée.
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Depuis que ma passion est devenue mon gagne-pain il y a 10 ans, je cherche tout naturellement une manière de modifier mon approche dans ma vie “personnelle” pour ne pas avoir l’impression de travailler tout-le-temps. Si la flexibilité et la grande prévisibilité du numérique est un atout, la post-production numérique (ENCORE devant l’ordinateur) est d’une lourdeur accablante.
C’est ainsi que la photo argentique, avec toutes ses surprises et ses imperfections, m’apporte une simplicité et un lâcher-prise hautement salvateurs. Que dire de la photo instantanée, qui a pris une place encore plus importante dans ma pratique en 2021. Quel bonheur de voir et savoir ces instants uniques, parfois étranges et toujours précieux!
Ceux qui me connaissent depuis longtemps connaissent cet aspect de mon travail, mais cet éventail photographique se voit peu dans le travail officiel de Marianne-Charland-photographie-lifestyle-et-documentaire. C’est pourquoi j’ai envie d’utiliser ce calendrier de l’Avent pour vous montrer comment je travaille réellement. J’y mêlerai avec joie les médiums, au fil des jours et des lumières, pour créer un mélange d’arrêts sur image représentatif d’un certain décembre 2021.
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1er décembre
En milieu d’après-midi, dans les environs du solstice d’hiver, la lumière basse du soleil trouve son chemine jusqu’au coeur de notre profond appartement montréalais.
Le long corridor s’illumine pendant une heure et le plancher reflète des rayons éblouissants venus rappeler la carence de vitamine D de la travailleuse autonome encabanée en plein rush de haute saison. Les objets en suspens témoignent d’une vie familiale occupée à d’autres priorités que celle de garder les lieux en ordre. Le papier peint texturé révèle dans cette lumière chaude sa danse centenaire toujours aussi gracieuse et apaisante.
Ces murs et cette lumière perdureront.